Decay (DK) - Journal d'un rescapé

Decay (DK) - Préambule

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Raven

 

 

 

 

"Les femmes engendrent la vie, les hommes provoquent la mort ... l'avenir des espèces appartient à celle qui saura exercer les deux"
  Extrait des tables de loi Manaka.

A l'aube d'un nouveau millénaire, les guerres incessantes n'avaient de cesse d'anéantir l'espèce humaine ainsi que les terres qu'elle avaient exploitée. L'homme, orgueilleux, bien trop aguerri et violent avait donc fini par lentement disparaître, s'entretuant au détriment de leurs enfants, leurs épouses.

Laissant de vastes territoires en ruines, ce fût donc les femmes qui trouvèrent la force, l’énergie nécessaire pour se relever, et se liguer pour enfin régir ce monde où les ténèbres siégeaient désormais. Dès lors, les hommes de bien ou de mal furent bannis de la capitale et beaucoup d'entre eux partirent dans les contrées à leurs risques et périls. Le territoire imaginaire de Decay a subi de plein fouet la tyrannie des guerres et il ne reste plus ou quasiment plus de vestiges/infrastructures intactes dans les quelques villes existantes. Mais désormais, croyez le ou non, c'est tout un système qui est de nouveau mis en place mais tout cela à commencé au sein de la capitale, Raven.

 

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02 avril 2013

1er cycle - Chapitre 1 (Jour I) - Le réveil (Lieu : Raven - Royaume de Decay DK)

Je ne pensais au aucun cas devoir en arriver là mais écrire s’avère nécessaire, je le crains.

Pour mon bien tout d’abord, ma santé mentale, même si je suis en sursis ici, à Raven. Ensuite pour ceux qui se relèveront du joug de Manaka un jour ou l’autre. A vrai dire, je ne me souviens plus de grand-chose avant le renversement de pouvoir du royaume ; d’où l’intérêt d’inscrire sur papier les bribes de souvenirs ou cauchemars qu’il me reste en mémoire. Etre encore de ce monde est déjà en soi un miracle en ce qui me concerne mais j’y vois un signe du destin. Ce signe, je me dois de l’honorer et survivre sera désormais ma priorité.

 Je ne sais même pas par où commencer … Ah oui cette envie irrépressible de savoir, me rappeler à mes bons souvenirs comment nous avions pu en arriver à ce point. Je veux dire, avez-vous connaissance du taux de probabilité qu’un homme réussisse à survivre à ce qui ressemblait fortement à un holocauste ? Autant que je peux en juger, je dois être le seul ou tout du moins un des rares ayant eu la « chance » d’avoir survécu à la grande guerre.

Je me  souviens donc de ce réveil si lourd, si profond. Ouvrir les paupières dans ce noir, significatif des ténèbres qui régnaient désormais au sein de Raven, la gorge encombrée de poussière, de débris d’éboulis de ma propre maison dévastée … Je ne compris pas tout de suite ce qu’il m’était arrivé et j’en déduis aujourd’hui qu’avoir été enseveli vivant sous les décombres m’avait sans doute sauvé la vie. Une renaissance loin d’être glorieuse. Tout mon être était anéanti, dévasté par, me semble-t-il l’éradication pure et simple des hommes au sein du Royaume de Decay (DK).

DK - Dead Kingdom.  Les initiales correspondaient parfaitement à cette ville meurtrie au plus profond d’elle-même désormais mais Manaka avait réussi l’impossible et régnait désormais implacablement sur le royaume de tout son charisme inébranlable.

Manaka, la déesse … Manaka la prophétesse.

 J’étais un homme comme les autres mais je ne suis plus rien, ici. Et je tremble en me confiant de cette manière bien qu’au fond de moi-même un semblant d’espoir illumine ma conscience.  Ses quelques lignes sont décousues j’en conviens mais j’en suis à me demander si je vais pouvoir subsister seul, à la merci de ses ruines et cette désolation exécrable, intolérable.Je suis dans l’incapacité de manger quoi que ce soit pour l’instant. Mon corps me l’a rappelait expressément toute cette longue journée de souffrance … Tout n’est que rejet à cet instant, mais c’est je suppose, pour mieux me faire comprendre que la vie m’est d’autant plus précieuse et que cette seconde chance, celle d’être un véritable miraculé au sein de Raven, signifie beaucoup de choses.

Ce premier jour était donc synonyme de découverte ou redécouverte de mon propre moi, de mon subconscient, mes instincts, mes douleurs, mes cris et ma rage infinie.Emmagasinant des forces insoupçonnées, je luttais vaillamment pour me sortir de ce cercueil de pierres, là où j’étais littéralement enseveli. Hurlant comme un damné, je poussais une à une les pierres, lourdes comme jamais pour respirer un air qui semblait vicié … Raven, la capital du royaume de Decay semblait ravagée. Je réussis avec énormément de difficultés à me relever tout en respirant bruyamment. Tout à ce moment-là me pris à la gorge : ce réveil insoupçonné, inattendu et tout ce qui en résultait. Mon corps, ma tête, mon esprit, ma maison, cette ville … tout cela était parti en fumée pour revenir de plein fouet maintenant. La vie en avait décidé autrement de ma personne, et sur mes 2 jambes frêles je ne croyais tout simplement pas à ce qui m’arrivait.

Comme je l’écrivais précédemment,  mon enveloppe corporelle rejetait en bloc ce renouveau et longuement je dû patienter afin que cette dernière puisse ré apprivoiser cet environnement hostile.Assis contre l’un des rares murs encore debout, je découvris lentement autour de moi l’étendue des vestiges des différents baraquements aux alentours. Raven n’était plus que la conséquence de la violence engendrée par les affrontements violents entre les disciples de Manaka et les « misérables »,  les derniers hommes encore valeureux, fous pour oser rivaliser avec elles.

Je pleurais, de tristesse me semble-t-il à moins que ce ne soit de honte pour eux, pour nous … pauvres hommes que nous étions.    

 Justice fut rendue par la victoire de Manaka et de son armée en annihilant la cruauté des hommes en ce royaume perdu par leur fourberie intemporelle mais la résistance, opérée secrètement avait jaillie et explosée en renversant le pouvoir détenu par les hommes depuis trop longtemps. Une victoire écrasante à tout point de vue, gagnée dans le sang et de la main même de l’image incontestée du renouveau du royaume. Cela, je le savais plus que tout mais il faut croire qu’un homme tel que moi, sans doute le dernier ici, à Raven, serait maintenant l’objet de convoitise ou à défaut, être recherché.

La nuit tombant rapidement, une vie sauvage et implacable reprenait ses droits dans la capitale.

Je devais me reprendre rapidement si je tenais à honorer cette deuxième chance de vivre, ou survivre.

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05 avril 2013

1er cycle - Chapitre 1.2 (Nuit I) - Première approche (les ruines d'une vie)

Dans mon crâne résonnait encore cette première nuit cinglante au sein la capitale en ruine.

 Le jour tombant à une vitesse affolante, il me fallait prendre en considération plusieurs éléments alors qu’une peur panique montait en moi graduellement. Il fallait se rendre à l’évidence : je ne maitrisais rien et j’étais à la merci d’un environnement hostile si j’étais amené à être découvert.Le froid d’un vent cisaillant ma chair s’insinuait également dans les ruines environnantes et de là où je me trouvais, il me fallait trouver un abri ou tout du moins quelque chose pour palier à une mort prévisible cette nuit. Ma première nuit de ma nouvelle existence. Je sens des regards, des yeux inquisiteurs dans les méandres des bâtiments plongés dans le noir … Ils veulent ma peau, j’en suis persuadé et dès que le noir prendra totalement place il en sera fini de moi.

 

L’adrénaline eut pour effet de me rendre un peu plus aguerri et je me mis tant bien que mal à chercher parmi les décombres, les vestiges de mon ancien chez moi, quelques artefacts qui pourraient me permettre de me défendre mais aussi quelques couvertures. La nuit sera glaciale, rugueuse et sanglante, je le crains fortement.

Manipulant les pierres, je me mis à déblayer les gravas tandis qu’un froid commençait à me mordre aux chevilles. Je n’avais toujours rien mangé mais avec un peu de chance, cet objectif, celui d’atteindre quelques victuailles sous ce magma de pierres, serait atteint. Poussant et jetant de manière instinctive tout ce qui se trouvait devant moi, gravas, pierres entre autres ... je m’ordonnais de ne m’arrêter sous aucun prétexte sur ses vestiges également de mon propre passé … Je serrais les dents, faisant abstraction de mes affaires personnelles désormais inutiles … le passé effacé ne pourrait que ramener en moi souffrances et regrets. Alors que s’entassait d’un côté le superflu, je réussi au prix d’un effort certain à récupérer de quoi me protéger du froid cette nuit et pu tant bien que mal m’emmitoufler dans des fripes. Je saisissais enfin une barre de fer ramassée sur le sol jonché de mes affaires pour m’asseoir et me recroqueviller, me préparant à toutes éventualités.

Dans la pénombre ambiante, résonnait les prémices d’une vie nocturne, les prémices d’une violence exacerbée par les massacres d’un passé sanglant. Contre le mur glacial et effrité, je profitais de ses derniers instants pour observer les premières étoiles dans un ciel d’un noir d’encre. Des nuages s’amoncelaient au loin, un éclair claqua quelque part puis le vrombissement éloigné du tonnerre retentit . J’avais réussi à récupérer un panier dans lequel j’avais accumulé de la nourriture et je plongeais ma main dedans. Je saisissais une pomme, encore intact étonnement, puis croquais dedans avec avidité. Le plaisir des choses simples et pourtant vitales à ce moment précis était quelque chose d'important tandis que des pas se rapprochèrent dans ce qui ce qui était l’artère principale de mon quartier auparavant.

 Voilà, nous y étions, les habitants des bas-quartiers de Raven reprenaient leurs vies nocturnes, pour une raison toute simple : l’armée de Manaka quadrillait Raven de fond en combles le jour et la nuit profitait aux mécréants, capables de se confondre et de disparaître dans les bâtiments dévastés. Je serrais les poings nerveusement en priant un dieu, peu importe lequel pour m’épargner quand quelque chose attira mon attention. L’obscurité avait clairement pris place dorénavant et je sentis sous ma main gauche, sous quelques cailloux, un cadre que j’extirpais doucement … quand une lourde masse s’abattit de l’autre côté du mur où je m’adossais ! Manifestement, quelqu’un cherchait de quoi s’alimenter cette nuit également. Je me redressais sur mon séant tout en approchant ce que j’avais réussi à prendre sur le sol poussiéreux … et si l’astre solaire avait maintenant disparu, ce serait une lune ténébreuse qui allait se charger de m’éclairer en un instant …

 Telle une claque en pleine figure, les rouages du temps et d’un passé perdu se remirent en route subitement ! 

Il est des moments qui figent le temps, comme un arrêt sur image … vous voyez de quoi je parle ? Un choc émotionnel intense me figea sur place alors qu’était illuminé devant moi la photo d’une personne chère à mon cœur, à ma vie et dont j’avais totalement fait abstraction jusqu’à présent. La clarté de la lune m’effrayait à plus d’un titre, révélant les plus sombres secrets mais lorsque je vis devant moi l’ombre projetée d’une personne enjambant le mur, s’apprêtant à se jeter sur moi ! En l’espace de quelques secondes je remerciais la lune de m’avoir éclairé et plus que tout, je revenais de reléguer au second rang mon propre-moi et mes préoccupations pour ne penser qu’à cette personne, figurant dans le cadre que je venais de découvrir : ma femme.

Certaines pièces d’un puzzle éparpillé venaient de s’imbriquer dans ma mémoire de manière fulgurante à la vue de cette photo, elle révéla une priorité qui décupla ma rage à cet instant : il me fallait la retrouver et pour cela, se battre s’avérerait primordial.

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10 avril 2013

1er cycle - Chapitre 1.3 (Jour II - 1ère partie) - Troubles intérieurs

 

Contre toute attente, je m’étais endormi par ne je ne savais quel miracle alors que le jour commençait à se lever.  Courbaturé, mon corps semblait subir le contre coup de l’attaque de la nuit dernière. Je ne me croyais incapable d’une telle violence mais les instincts les plus primaires avaient ressurgi lorsque j’avais découvert cette photo encadrée de mon épouse aujourd’hui vraisemblablement disparue. Mon amour …

Le cœur battant à tout rompre cette nuit-là, je sentis l’étreinte mortelle de l’agresseur au niveau de mon cou alors qu’au même instant, Raven sonnait de ses cloches antiques, celles de la cathédrale me dis-je  … Ce cirque m’avait semblé durer un temps infini alors que l’on m’agressé au même moment.Sous la pression, j’avais lâché immédiatement la photo tout en essayant de balbutier des borborygmes incompréhensibles, idiot que j’étais.J’étouffais, et dans le noir absolu, sans repères et dans une panique relative, il était évident que j’allais crever et plus vite que prévu. Mais c’était ce corps qui ne répondait pas, ou plutôt dans un flou artistique total, cherchant cette satanée barre de fer à mes côtés tout à l’heure. Non, tout s’arrêterait là… et l’acharnement des geints de mon agresseur s’insinuait en moi comme dans un cauchemar. Paradoxalement, ma haine accumulée aurait tuée sur place l’individu si j’avais agir avec ma pensée … Cette haine qui resterait gravée en moi une bonne fois pour toute, alimentée maintenant par un but ultime, une véritable raison de revivre.

Dans l’environnement résonnant des palabres des badauds de Raven, je réussis avec force et courage à arracher  un hurlement étranglé ainsi qu’une pierre volumineuse du mur de là où j’étais adossé. L’affrontement ne fût finalement l’affaire que de quelques minutes … Animé d’une envie incontrôlée de vivre et d’une rage sans commune mesure, en me penchant en avant et forçant la pression de l’individu qui me tirait en arrière, un flot de sang gicla de mon cou par la traction du poids de mon agresseur, hoquetant de surprise ! Puis ce dernier bascula pour atterrir devant de tout son poids. Je n’avais qu’une seule envie à ce moment : tuer, trucider. Et ce corps prit de plein fouet tout ce flot d’accumulation de terreurs, de pulsions, de frustrations. Sans réfléchir, à l’aveugle, je me jetais vers cette masse humaine puis percuta de toutes mes forces, comme un sauvage, ma lourde pierre que je tenais toujours d’une main …

 Et les coups ne s’arrêtèrent que lorsque la pierre se brisa …

 Mon crâne et mon corps résonnaient encore de cette première nuit cinglante au sein la capitale en ruine. Je me réveillé, endolori, aux côtés d’un cadavre, un corps en charpie. Il s’agissait d’une adolescente visiblement mais je me refusais de m’apitoyer sur ce que je venais de faire. Je savais également, je le sentais, qu’il s’agissait d’une épreuve et j’en étais sorti vainqueur et cela se saurait désormais dans le quartier. Le glas des cloches gothiques de la cathédrale de Raven avaient sonné cette nuit, me rappelant à mon souvenir qu’elles étaient significatives de la présence divine de Manaka partout dans la ville. Au même titre que cette photo représentant mon épouse, les cloches vindicatives me rappelaient enfin le symbolisme de la libération du royaume par les femmes menées par Manaka qui, sur les terres mêmes de la capitale, au pied de la cathédrale, comme le relataient les tables de loi Manaka :

 « Le basculement historique du pouvoir détenu par les seigneurs déchus eut lieu lors du dernier coup donné par Dame Manoya Akay d’une main ferme, l’autre tenant la tête du dernier infâme à Raven, sur les vestiges même de la Cathédrale, au nom du renouveau du Royaume de Decay.  Au lever d’une lune répertoriée pleine, en ce soir libérateur, à exactement 23h10 avant le zénith lunaire, Dame Manoya Akay devint la force libératrice d’une nouvelle ampleur et dès cet instant, il fut consigné que chacune des personnes du royaume devrait allégeance et respect en se soumettant à une litanie incantatoire commune à cette heure très précise … »

Au levé d’un jour nouveau, je me redressais pour regarder ce soleil qui inaugurait pour moi enfin un départ, une quête afin de faire connaître de manière ou d’une autre l’existence de l’un des derniers seigneurs déchus, sans doute, en ce royaume. Il me faudrait coûte que coûte reprendre mes droits, et là où je résidais auparavant, dans les bas quartiers de Raven, les vestiges qu’étaient autrefois le peuple du royaume, je saurais retrouver la foi et acquérir les éléments pour former une nouvelle révolte.

Enfin, je l’espérais.

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16 avril 2013

1er cycle - Chapitre 1.3 (Jour II - 2ème partie) - Troubles intérieurs

Des seigneurs déchus … nous étions des hommes, tout simplement. Je laissais derrière moi le corps pourrissant de ma victime pour sortir et fouler le sol de Raven. Un vent insidieux soufflait en permanence dans les rues désertes et je mis une main en visière pour mieux constater les ravages d’une guerre sainte initiée par Manaka. Je déglutis nerveusement et sentis une boule dans mon estomac. Des réminiscences de souvenirs revenaient en moi mais je les rejetais en bloc pour le moment. Je préférais me concentrer sur mon objectif premier : profiter du jour pour chercher les premiers contacts ainsi que retrouver ma femme, plus que tout  … si elle était toujours vivante.

J’écrasais vivement une larme sur ma joue pour fixer quelques mètres à ma droite, de l’autre côté de la rue dépravée un bâtiment que je connaissais bien.Sur mes gardes, je fis un rapide mouvement circulaire pour constater le vide apparent de là où je me trouvais avant de marcher à pas feutrés. Je me sentais, tel un véritable intrus, dans une espèce d’arène, vide fort heureusement et je pressai mes foulées pour rejoindre l’autre côté de la rue.

Le soleil s’immisça parmi les nuages et ses rayons ne m’empêchèrent pas de ressentir un frisson monumental parcourir mon échine. Nerveux, je me sentais épié. Le danger était partout et une barre de fer pour toute arme ne suffirait pas et je me devais de trouver une personne pour connaître les tenants et les aboutissants actuels de la situation dans laquelle je me trouvais.

Arrivé près du baraquement fermé de mes anciens voisins, je vis planté dans un des murs de ce dernier une longue tige de métal. Surpris, je saisis cette dernière et tira dessus, en vain.Celle-ci ne bougea pas d’un centimètre et à y regarder de plus près, la tige était exactement la même que celle que je possédais. Cette dernière semblait bel et bien plantée dans le mur traversé du baraquement et dans un souffle je retournais devant le semblant de porte qui bloquait l’entrée.

Mâchoire serrée, je posais mon arme de fortune pour prendre de l’élan et fonçait plus déterminé que jamais dans cette porte ! Un vacarme de tous les diables retentit à ce moment-là ! Et je me tenais l’épaule gauche dans un rictus, une douleur atroce se réveilla … comme ses jappements monstrueux émergeant à l’intérieur de bâtisses situées en face à quelques mètres ! Mon cœur se mit à battre frénétiquement … tout n’était donc pas mort à Raven. Je me retournais vivement vers ces jappements qui m’avaient glacé le sang. A en juger par les grondements, il s’agissait de créatures d’une taille relativement conséquente. Quelque chose m’agrippa soudain derrière moi ! Sans rien ne pouvoir faire, je me raidis sur le champ pour être entrainé et tiré par la porte que j’avais partiellement défoncée, à l’intérieur du bâtiment  …

«  Par Manaka, taisez-vous je vous en supplie » fit en susurrant une jeune femme que je reconnaissais à peine dans la pénombre. Sa main sur ma bouche, je vis ses yeux roulaient dans leurs orbites, elle était totalement morte de peur. Elle me fixa, comme impatiente, implorant mon silence.

«  Vous me le promettez ? Les Hurleurs sont là … » fit-elle en sanglotant soudain. Totalement sous le choc, j’acquiesçais par réflexe et elle lâcha son emprise pour se précipiter sur la porte et pour la refermer du mieux qu’elle le pouvait en vitesse.

« Aidez-moi par pitié, si vous voulez ne pas mourir » ajouta Leïla car il s’agissait bien de la jeune fille que je connaissais. Je connaissais ses parents, des amis, Jonas Drexler plus particulièrement, il … Coupé net dans ma réflexion, dans l’entrebâillement de la porte, je vis l’horreur absolue apparaître devant moi. Il émergea à l’extérieur plusieurs créatures d’allures canines au premier abord mais dotées d’une musculature impressionnantes et d’une gueule démesurée ! Elles déambulaient ensemble, manifestement en train de chercher. D’un bond, je me mis debout et sans réfléchir, en faisant abstraction des élancements douloureux, je me précipitais près de Leïla en trébuchant … manifestant le regard desdites créatures à la recherche d’une mort certaine.

L’un d’elle me fixa soudain et resta plantée, les yeux injectés de sang puis dans un laps de temps qui me paru interminable elle eut un rictus, un sourire j’en suis certain et elle se mit à hurler à la mort !!! Un son insoutenable qui déchira le silence ambiant, malsain. Leïla redoubla d’efforts à cet instant alors qu’elle s’effondra nerveusement, les larmes de désespoir coulèrent et je me mis en branle pour l’aider frénétiquement. Le souffle court, dans un terrible effort précipité, la porte se remit en place avec plus ou moins de subtilité alors que derrière j’entendais la course effrénée de ses créatures venues du tréfonds des enfers.

 

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30 avril 2013

1er cycle - Chapitre 1.3 (Jour II - 3ème partie) - Troubles intérieurs

Chaque seconde comptait et dans ce cauchemar pourtant bien réel, je me vis instinctivement prendre de force cette espèce de tige de métal manifestement planté dans le mur et traversant dans ce qui semblait être maintenant qu’un corps humain décomposé et donc empalé … D’emblée, j’avais déduit qu’il s’agissait du père de Leïla alors que j’entendais de manière lointaine sa voix … Les « Hurleurs » étaient là avait-elle soufflé tout à l’heure. Au dehors, une cavalcade, une charge tonitruante venait à notre encontre … Cris, jappements féroces, pulsions meurtrières et sauvages se manifestaient tellement qu’en l’espace de quelques secondes mon instinct de survie se réveilla violemment !

Je saisis la tige, le corps en décomposition tomba au sol dans un bruit mât, et la planta en travers contre la porte pour la bloquer avant de déguerpir. Je sentis la main de Leïla dans la mienne et elle m’emmena aussi vite que possible alors qu’un bruit assourdissant se fit entendre ! La poussée de la meute, tellement violente, fit traverser la tige à travers la porte pour se planter littéralement dans la gueule d’une des créatures qui hurla à la mort, dans un cri de douleur atroce. Le souffle haletant, nous avancions dans les dédales du bâtiment à vitesse grand V.

 « Vite … » fit Leïla en accélérant le pas  « La cave … »

 Je la suivie sans broncher, elle savait où elle allait, et connaissait les lieux mieux que personne, je le supposais.

La mort était à nos trousses et j’imaginais qu’une nature, sauvage, avait repris ses droits ici, au sein même de Raven. Des questions, par centaine, se bousculaient dans mon esprit mais il fallait à tout prix échapper à cette horde de monstres sauvages. Les hurlements continuèrent de plus belle derrière nous mais visiblement ceux-ci s’éloignèrent au fur et à mesure de notre fuite en avant. Le souffle court, je commençais sérieusement à flancher tandis que Leïla me tirer toujours plus fort en avant. Alors qu’une pointe de côté me cassa littéralement en deux, je réussis à éructer quelques mots :

« Leîla … arrête-toi je t’en supplie »

Elle ne détourna pas son regard, pas un seul instant.

« Pas avant d’être dans la cave. C’est votre faute si nous en sommes là … » me lança-t-elle alors que nous arrivions en pente douce vers des éboulis, cachant manifestement un abri ou quelque chose du genre.

Enfin, elle lâcha son emprise puis me dévisagea, gravement. Ce n’était plus la même. Une colère noire l’animait visiblement, ses yeux ne trahissaient guère qu’une sensation éperdue d’une jeune fille en proie avec elle-même et confrontée à un environnement hostile.

Des larmes coulèrent sur son visage …« aidez-moi à enlever ces pierres, vite … » fit-elle avant de s’activer furieusement.

Essoufflé, je me mis à l’observer, silencieux puis enfin j’osais l’aborder

« Il s’agissait de ton père ? Le cadavre de tout à l’heure ? » Fis-je la mâchoire serrée.

Leïla me tournait le dos. Je la vis décupler ses efforts en jetant violemment les débris, elle sanglotait …

« Leïla … »

« Il doit maintenant certainement faire l’objet de toute l’attention des hurleurs … » dit-elle sèchement tout en continuant. Un de ses bras essuya son visage.

« Je suis … désolé » fis-je, les yeux rivés vers le sol.

« Vous pouvez l’être, cela n’arrangera rien dans l’estimation de nos chances de survivre ici si vous ne faites rien qui puisse nous sortir de là » enragea-t-elle soudain.

« Très bien, j’ai compris » répondis-je tout en m’approchant d’une masse rocheuse qui bloquait l’accès à une ancienne cave, abri de fortune et improvisé visiblement.

Dans un terrible effort, je réussis à déplacer la roche alors que Leïla s’engouffra dans l’abri sans attendre, plongé dans le noir. Et tandis que je remettais en place le rocher devant l’entrée, je me vis replonger dans les ténèbres, m’enterrant de nouveau pour mieux, je l’espérais, y voir un peu plus clair dans mon esprit.  J’entendis les pas vifs de Leïla dans l’espace environnant pour qu’au bout de quelques minutes, j’entendis gratter non loin de moi. Une faible lueur apparue, une bougie faisait son office, éclairant ce qui était un véritable nid, un bunker improvisé pour jeune fille perdue. Leïla courrait à travers la pièce dans un silence absolu pour éclairait la totalité des bougies présentes. Elle finit par la dernière située à ma gauche, près de l’entrée puis toujours sans mot dire, elle se jeta sur moi si fort !

Hoquetant de surprise, je me pris à me laisser faire. La jeune fille m’entourait de ses bras alors qu’elle se laissa aller, laissant son dévolu, enfin … sur une personne qui comme elle pensait être seul ici dans cet enfer.

Sa tête contre mon abdomen, je sentis une boule singulière dans ma gorge monter. Moi aussi, je n’y croyais plus.

 « Je suis content de te voir Leïla … » fis-je, la voix éreintée par une tristesse infinie.

« Moi aussi … je vous attendais » 

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